Étude de la vulnérabilité du chêne-liège face à la sécheresse au Portugal
- Sébastien CHAUVIN
- 15 nov. 2024
- 2 min de lecture
Les écosystèmes dominés par les espèces de chêne-liège (Quercus suber) et de chêne vert (Q. ilex) dans la péninsule Ibérique, appelés montado au Portugal et dehesa en Espagne, ont connu une augmentation de l’abandon des terres au cours des dernières décennies. Cela a entraîné une progression des arbustes au sein du montado, augmentant la compétition pour les ressources entre les espèces arborées présentes.
Dans une région où l’on prévoit des épisodes de sécheresse sévère de plus en plus fréquents, il devient encore plus impératif de comprendre comment cette dynamique de compétition influencera la vulnérabilité du chêne-liège face à la sécheresse, une espèce à la fois socioéconomique et écologiquement importante.

Ainsi, ce travail, réalisé dans le cadre du projet COOPTREE – ‘Coopération transnationale pour la préservation et la résilience des forêts du sud-ouest de l’Europe’ et cofinancé par le programme Interreg Sudoe via le Fonds européen de développement régional (FEDER), visait à surveiller les effets de l’envahissement par les arbustes sur la croissance et la transpiration des chêne-liège. Une parcelle expérimentale de long terme située à Vila Viçosa, au Portugal, a été utilisée pour l’étude.
Ce site se trouve près de la frontière avec l’Espagne et présente le paysage caractéristique et les conditions arides d’un montado/dehesa. Plusieurs chênes-lièges ont été sélectionnés selon deux traitements: envahissement par l’arbuste Cistus ladanifer et absence d’arbustes (traitement témoin). La capacitance de l’arbre, qui reflète l’eau stockée dans les cellules du phloème, est mesurée à l’aide de: dendromètres, qui permettent également d’observer les fluctuations quotidiennes de la croissance radiale; capteurs de flux de sève, qui mesurent la transpiration et l’utilisation de l’eau; et le potentiel hydrique pré-aube dans les feuilles. La vulnérabilité à la cavitation est mesurée sur des rameaux terminaux à l’aide d’un appareil Pneumatron.

La chute de la litière foliaire a également été collectée afin d’observer la phénologie des feuilles, fleurs et fruits, ainsi que la contribution de l’envahissement par les arbustes à la perte de canopée. Nous nous attendions à ce que la compétition avec Cistus ladanifer affecte négativement les chênes-lièges.
Et bien que les résultats initiaux montrent une croissance plus élevée chez les arbres sans co-occurrence d’arbustes par rapport à ceux soumis à la compétition, les arbres sans arbustes ont également montré une vulnérabilité plus élevée à la cavitation du xylème. Il est probable que les arbres soumis à la compétition avec les arbustes aient développé un comportement plus conservateur, tel qu’une fermeture plus précoce des stomates, augmentant ainsi l’efficacité de l’utilisation de l’eau et la probabilité de survie en échange d’une croissance plus faible.
Ces résultats initiaux indiquent que l’envahissement par les arbustes aura un impact sur les forêts de chênes-lièges; toutefois, la résilience à ces changements d’utilisation des terres pourrait dépendre des stratégies adaptatives exprimées par les individus arborés.




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